lundi 15 novembre 2010

KE ONDA, interview....

Ke Onda, groupe de Grenoble...Petite entrevue avec Ludo et Julien, avant la sortie de l'album...



- Ludo et Julien vous faites parti du groupe Ke Onda, pourriez vous présenter le groupe ?

KeOnda C’est un mélange métissé de chansons franco-espagnoles, de la poésie engagée pour un idéal avec une musique colorée aux sonorités Latino/Rock/Reggae.
KeOnda a un univers bien particulier. La thématique est basée sur le voyage d’une onde et l’onde qui unit et fait rêver les gens.
KeOnda c’est d’abord un duo qui Est devenu groupe avec l’arrivée s’est agrandi avec d’autres musiciens pour que le voyage musical soit Encore plus très rythmé, festif et dépaysant.

- Vous avez rencontré Manu Chao et fait la première partie de son concert à Grenoble, comment s'est passée cette rencontre ?


La 1ère rencontre avec Manu s’est passée en famille, avec nos enfants alors âgés de 2ans lors de la tournée française de Radio Bemba en 2008. Des instants magiques de partages, de discussions bref… de pur bonheur. Le lien avec Manu Chao c’est surtout et avant tout une rencontre humaine. Après… c’est très difficile à expliquer… le destin est venu s’en mêler… Des disques de Rouge-Gorge, notre 1er duo avec Julien, ont croisé eux aussi la route de Manu et… sans nous avoir vu une seule fois jouer il nous a permis l’inimaginable : participer avec SMOD à sa 1ère partie à Grenoble.
Cette histoire est à l’image de Manu, belle simple et sincère.

- Est ce a ce moment là, qu'est née l'envie de travailler avec Gambeat ? Comment s’est passée votre collaboration avec Gambeat ?


Tout musicien, tout groupe engagé dont les mots ont des valeurs fortes rêvent et on envie de travailler avec Gambeat. A vrai dire au début on n’y pensait même pas !!! Cela semblait fou, inaccessible. Notre concert à Grenoble ne nous a pas seulement permis de jouer chez nous devant un gros public, mais il a aussi révélé notre désir fort de scène, de musique et de communion avec les gens. On a pris conscience que les gens aimaient notre musique, nos textes, notre univers, qu’ils dansaient, qu’ils chantaient, bref ils étaient heureux et nous aussi.



- Vos textes sont en Français, espagnol accompagnés par des rythmes musicaux qui me font penser à des groupes tels que, Les Caméléons, La Mano Negra, Balbino Medelin, et sur le titre " Y Ahora Que " la voix et la musique me font penser aux groupes, Calexico, Chingon....pourriez vous nous parler de vos influences musicales ?

Les influences musicales… une question dont il est toujours difficile de répondre.
La 1ère influence vient de l’amour des mots, de la langue française et des messages dans les chansons. Pour moi une chanson c’est un texte qui doit dire quelque chose. Petit j’ai été bercé par de la bonne musique (Brassens, Ferré, Barbara, Gainsbourg, mais aussi Gardel, Marley, Dylan, Michael Jackson, Dire Straits, Quenn…)
Ensuite, à l’adolescence je me suis plus attardé à la Mano et à Renaud… Dans ma tête les deux réunit c’était explosif. La gouaille et la poésie de l’un, l’énergie et la puissance de l’autre… Jusqu’au jour ou comme tout le monde j’ai pris une claque en écoutant en boucle l’album Clandestino d’un certain Manu Chao qui a changé ma vie musicale.
Julien à globalement le même parcours que moi avec quand même, et c’est très important, une notion très poussée sur le voyage et la découverte des musiques traditionnelles notamment irlandaise et sud-américaine. Ce sont ces univers qui donnent un côté très métissé à KeOnda.
Je suis convaincue que tous les artistes et les musiciens on une culture commune… après c’est la magie de la musique… elle est universelle donc infinie.
Quand à « Y ahora que ? » c’est une pure rumba espagnole. Les groupes que tu as cités partagent sûrement la même culture musicale.


- Dans la chanson " Où va la France ", vous décrivez avec force la réalité du quotidien, ses souffrances, mais aussi l'envie de révolte qui se fait de plus en plus présente, l'amour en galère, et sur le refrain, cette question qui revient " Dis moi qui danse sur la joie et l'espérance, alors où va la France ?"....Comment est né ce superbe texte ? Alors où va la France ?

« Où va la France ? » est un portrait et un point de vue sur la France, pays à la forme hexagonale, symbole, parait-il, des droits de l’homme, du siècle des Lumières, de l’abolition des privilèges…
C’est un cri, un constat, un signal de détresse. Parce que la France d’aujourd’hui va mal. Depuis quelques années elle régresse économiquement, socialement et humainement. L’Etat se désengage de tout. L’éducation, la santé, l’environnement pour tous ne sont plus des priorités. L’Etat délaisse le peuple et le divise au lieu de le rassembler et d’agir pour l’intérêt collectif.
Seule une minorité dirige. Une minorité qui s’occupe uniquement d’intérêt personnel, une minorité faite d’argent et de pouvoir qu’ils désirent bien évidement garder. Ce sont eux qui dansent sur la souffrance, la joie et l’espérance.
Le texte décrit une réalité. Je suis persuadé que les choses peuvent néanmoins changer par l’initiative locale et collective : Agir pour ne pas subir !
L’ambiance urbaine des arrangements donne au morceau un côté populaire. C’est un contre-pouvoir face au pouvoir aveugle et sourd… en tous cas c’est ce que souhaite.


Ce concert a changé notre vie artistique car nous avons rencontré Gambeat. Il nous a expliqué sa démarche, son travail avec les groupes, ses productions, son engagement et son savoir faire au service de la musique. IL nous a félicités, encouragés, conseillés et puis la suite logique est arrivée… C’est avec lui et grâce à lui que tout a commencé !
Gambeat nous a donné une chance unique : enregistrer un album avec des professionnels, sous sa direction artistique. Imaginez quel pied pour le petit duo grenoblois !!!
Nous avons fait plusieurs cessions d’enregistrement pour monter le projet. Entre Grenoble et Barcelone, chez Julien, chez Gambeat, en studio…
Gambeat a travaillé comme un acharné avec une énergie folle pour nous, pour produire le meilleur de KeOnda. Il y croyait depuis le début et nous a transmis cette « grinta. » Il s’est impliqué dans l’enregistrement (basse, chœurs, FX, beat-box), les arrangements, le master, le design, la production… La collaboration était basée sur le travail, beaucoup de travail, mais aussi une formidable amitié. Aujourd’hui il fait partie de notre famille, c’est notre grand frère, quelqu’un de génial.

- Comment écrivez-vous et ou puisez vous votre inspiration ?

J’écris tout le temps !!! J’adore ça. (Rires !!!)
Depuis petit, j’ai toujours écrit, des petits poèmes pour la fête des mères à mes 1ères chansons.
Emboiter les mots, leur donner du sens, les faire sonner, les faire vivre, qu’ils racontent une histoire, qu’ils dénoncent des choses, qu’ils déclarent l’amour, la lutte, l’espoir… c’est pour moi un vrai bonheur. Ça me permets d’extérioriser certaine chose, de fantasmer sur d’autre… il y a toujours une grande implication personnelle dans tous mes textes même s’il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre.
L’inspiration me vient partout, dans n’importe quel endroit, même les plus improbables. Une phrase de mes enfants, un mot qui sonne bien, quelque chose à dénoncer, un plaisir à déclarer… j’ai beaucoup de matière, beaucoup de texte. Quelques uns deviennent des chansons, d’autres deviendront, un jour j’espère, des poèmes et d’autres mourront dans mes tiroirs.
L’écriture en rimes m’accompagne tout le temps mais… un jour, si j’ai vraiment du temps je finirai les quelques histoires déjà commencées. J’aurai adoré être romancier, faire voyager les gens, leurs raconter des histoires c’est génial… peut-être qu’un jour.

- Avant Ke Onda, vous avez évolué au sein du groupe Rouge Gorge pendant sept ans, pouvez vous nous parler de cette aventure?

Rouge-Gorge c’était formidable parce que c’est parti d’une vieille amitié entre Julien et moi. On se connait depuis l’âge de 12 ans. Quatre ans dans la même classe, avec des routes qui se sont séparées, puis retrouvées… C’était notre projet, notre bébé. Mes textes, ma musique, ses arrangements … dès le début ça collait, y’avait quelque chose et puis petit à petit, à force d’y croire, le petit groupe a avancé. Avec Rouge-Gorge ont a joué de partout, du bar à la petite salle devant 2 personnes jusqu’au « Summum » devant 5 000 personnes lors de la 1ère partie de Manu. Notre grande fierté c’est d’y avoir toujours cru, d’avoir fait tranquillement notre petit bonhomme de chemin sans griller les étapes. Rien n’a été facile, mais notre plus grande fierté c’est qu’à la fin de chaque concerts il y avait toujours une personne qui venait nous voir pour nous féliciter, nous dire que c’était bien, que ce que l’on disait était beau, sincère et touchant et que ça donnait de l’espoir.
Voilà, c’était ça Rouge-Gorge, notre école de la rue, notre apprentissage et la construction de quelque chose de beau… bref le début de tout.

- Vous êtes originaire de Grenoble, comment se porte la scène rock Grenobloise ?


Et bien écoute… je pense qu’elle va bien !!!! Elle est toujours dynamique avec de nombreux groupes. Le problème c’est qu’il y a de moins en moins de structures viables du fait que la culture ne soit plus aussi encouragée par nos politiques nationales.
Grenoble est touché par cette « restriction » mais elle a des atouts. Elle a toujours eu et dégagé de la bonne musique : Sinsemillia, Gnawa Diffusion et j’espère maintenant KeOnda !!!!!


- Tout le monde sait que l'industrie du disque est en crise, d'ou la difficulté pour les groupes de trouver des maisons de disques. Certaines villes mettent en place des structures d'enregistrement, de production et de répet pour aider les groupes locaux, Grenoble fait-elle partie de ces villes ?

Oui Grenoble fait bien entendu partie de ces villes… et heureusement d’ailleurs. Mais je le répète les structures manquent. L’Etat ne subventionne plus et les collectivités locales qui donnent déjà beaucoup ne peuvent plus suivre. Heureusement le tissu associatif est fort est de nombreuses associations essaient de jouer ce rôle en aidant des groupes. C’est le cas de la Bobine, de Rocktambule de la Bifurk, du Local Bus et Dynamusic qui sont aujourd’hui nos partenaires avec KeOnda. Mais j’ai une pensée particulière pour le Pot-Au-Noir qui est une association culturelle qui nous a souvent aidés avec Rouge-Gorge en nous prêtant des lieux, nous invitant dans leurs festivals…

- Certaines personnes pensent que l'avenir et le développement du marché du disque, se fera via le net. Qu'en pensez-vous ?

Je partage cette opinion même si je reste très attaché au CD. C’est mon côté nostalgique… le plaisir de sortir le disque de la pochette, de le mettre dans le lecteur…
Internet c’est l’avenir, la possibilité en un click d’aller de partout. La musique n’échappera pas à cela et c’est tant mieux. Si le plus grand nombre a accès à internet je suis pour. Ce que je ne voudrais pas c’est qu’Internet accentue la fracture entre les riches et les pauvres, ceux qui peuvent se connecter et être relié à la culture et les autres…
Un autre point fort du net par apport au CD c’est son impact sur l’environnement… Et comme je suis sensible à l’environnement et à l’avenir de notre planète, cela ne me dérange pas d’être hébergé sur le net et de pouvoir écouter librement de la musique.


- L'album est fini et ne va pas tarder à atterrir dans les bacs, alors, quel est votre état d'esprit a l'approche de sa sortie ? Avez-vous déjà des retours par rapport aux titres que l'on peut écouter sur votre myspace ?

Je suis… enfin… on est, car pour Julien c’est pareil, comme des fous, comme des gosses !!! C’est un beau rêve qui se réalise. Un rêve qui en appelle d’autre !!!! Nous avons de très bon retour via Myspace et Facebook grâce à une grande com’ dans les réseaux de Gambeat et des nôtres. C’est très positif, les messages viennent des 4 coins du monde. Ça donne envie de tout donner !!!!

- Je vous remercie d'avoir accepté cette petite entrevue, je vous souhaite beaucoup de bonheur avec cet album, que votre route soit belle...Je vous laisse le mot de la fin...

Un grand merci pour les questions pertinentes et intéressantes et pour le soutien.
Quelques remerciements pour terminer : à tous ceux qui nous soutiennent depuis le début et qui nous ont aidé, réconforté, épaulé. A tous ceux qui ont participé au disque de KeOnda et lui ont donné cette force : Gambeat, bien évidement, Mario, Sergio, Yves, Laetis, Oscar, Habiba…
KeOnda esta, KeOnda llega aqui, ici, partout, ailleurs, aux quatre coins des alentours. « Et moi j’y crois, et moi j’y crois, et moi j’y crois… crois avec moi ! »


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